Bibendum & Co

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Maison de l'Image

Bibendum & Co

Bienvenue à ces héros célébrissimes, objets de dévotion élevés au grade de stratèges des marques planétaires qu’ils incarnent.

Bienvenue au tirailleur sénégalais Banania “Y a bon” né en 1915 mais infréquentable depuis les sixties dans nos médias politiquement corrects. Bienvenue au crocodile Lacoste né en 1926, gratifié de toutes les vertus et qui se marre doucement, lui, le véhicule des mythes les plus néfastes, symbole occidental de duplicité, dévorateur égyptien des âmes perdues et emblème universel de l’inconscient collectif dans ce qu’il a de plus obscur.

Bienvenue à Don Sandeman né en 1928, ténébreux gentilhomme Lusitanien qui aujourd’hui, serait jugé pas assez “positif ” donc pas assez vendeur. Bienvenue à Mister Clean ce célèbre chauve qui depuis 1958 est le grand connaisseur des pensées de la ménagère, lui qui se glisse avec tant d’aisance dans les cuisines. Alias Monsieur Propre, alias Monsieur Net, alias Don Limpio, précurseur du piercing, il offre ses ser vices de vieux beau tous muscles dehors en l’absence des maris. Bienvenue à la mère Denis, née Mathurin (ça ne s’invente pas), elle n’aurait pas eu la moindre chance de pointer son museau pour dire “Ch’est ben vrai cha” si les valeurs de la marque (comme on dit) avaient été prises en considération en 1972.

Bienvenue aux enzymes gloutons, contemporains de la Mère Denis, dévorant la saleté lessivière, petites têtes féroces retirées du circuit, coupables de délit de sale gueule mangeuse de linge. Et que penser de l’obèse Bibendum qui voit le jour en 1898, autant dire au temps des dinosaures. Comme toujours, quand la victoire de la marque est acquise, son nom est sanctifié, fut-il aussi répulsif que Pétrole Hann. De même, quand le produit brille au firmament des enseignes, son ambassadrice est gratifiée de toutes les qualités stratégiques, fut-elle la Mère Denis.

Voilà qui devrait introduire un soupçon de relativisme dans les sciences exactes de la pub. Bienvenue donc à ces personnages publicitaires, dont beaucoup, parce qu’ils sont nés il y a des lustres, n’auraient jamais vu le jour au XXIè siècle ; chevaliers blancs mythiques sortis du pinceau de créateurs impertinents et gentiment détournés, dans cette expo, par d’autres créateurs tout aussi impertinents. Ces héros dont la candidature serait aujourd’hui recalée par le marketing au concours des “valeurs” des marques.

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Assisted by : Frédérique Gibon
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